éléments de correction capes blanc n° 1 : lexicologie (I.2.)

Publié le par lexgram

Ce sens a été remplacé au XVIe s. par ‘activité de l’esprit qui médite, qui réfléchit’

 

(TLF) puisque rêver a perdu le sens de ‘délirer’ au profit de ‘être absorbé par des

 

pensées obsédantes’ (TLF). Au XVIIe s. lorsque rêver a pris le sens moderne que

 

l’on connaît aujourd’hui en supplantant songer, occasionnant ainsi la création par

 

conversion du mot rêve, rêverie a pris le sens de ‘activité mentale consciente, qui

 

n’est pas dirigée par l’attention, mais se soumet à des causes subjectives ou

 

affectives’ (PRobert). Ce sens reste néanmoins le résultat sémantique de la règle

 

de construction évoquée puisque rêver a pris également le sens de ‘laisser emporter

 

son imagination dans un univers mythique, poétique, dégagé des contingences du

 

réel’ (TLF) à cette époque, c’est-à-dire en s’ancrant autant dans l’état de sommeil

 

que dans l’état de veille. Dans le texte, le sens de rêverie recouvre  bien entendu

 

un sens moderne en reprenant l’idée d’’état de conscience passif où la pensée se

 

laisse aller à l’imagination’ tout en ajoutant à ce sens un aspect temporel. Ainsi,

 

par métonymie, il s’agit non seulement de cet état précédemment défini mais aussi

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du ‘moment de rêverie, songe’. Ce sens littéraire est attesté pour la première fois

 

dans ce texte, il peut donc être considéré comme un néologisme (sémantique).

 

Rêverie ne peut en aucun cas dériver de rêve, puisque (i) si le mot rêve est  bien

 

attesté depuis le XVIIe s., son emploi ne devient effectif qu’à partir du XIXe s.,

 

(ii) le suffixe homonyme –erie qui s’associe à des bases nominales n’a pas le même

 

sens (voir le mot charretterie dans l’extrait de Flaubert).

 

 

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