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Publié le par lexgram

Les déterminants dans l’ensemble du poème 

            Définition : « Le déterminant se définit comme le mot qui doit nécessairement précéder un nom commun pour constituer un groupe nominal bien formé dans la phrase de base » GMF, 1999 : 151

D’où la règle de réécriture du GN : GN → Dét + N

Sémantiquement, les déterminants participent à l’actualisation du N, c’est-à-dire qu’ils permettent de spécifier si la notion dénotée par le N renvoie à des entités massives ou comptables, si celles-ci sont saisies de manière singulière ou plurielle, partitive ou totale etc.

Ainsi on opposera deux grandes classes de déterminants :

1-      Les déterminants définis : l’article défini (le, la, les), le déterminant démonstratif (ce, cette, ces) et le déterminant possessif (mon, ton, son)

2-      Les déterminants indéfinis : l’article indéfini (un, une, des), l’article partitif (du, de la), les déterminants dits indéfinis (certain(s), tout, chaque, quelque, plusieurs …), les déterminants négatifs (nul, aucun, pas un), les déterminants interrogatifs, les déterminants exclamatifs et les déterminants relatifs.

 

Typologie

 

A-    Les déterminants définis :

 

L’article défini :

 

Sémantiquement, l’article défini « présuppose l’existence et l’unicité » cela revient à dire qu’il n’y à pas d’autre(s) référent(s) qui puisse(nt) vérifier la description de la réalité désignée par le GN. La référence actualisée par l’article défini peut ainsi être spécifique lorsqu’elle désigne un ou des objets particuliers. Dans le chien aboie, c’est le chien qui actuellement est en train d’aboyer. Mais cette phrase est ambigüe ; en effet, dans le chien aboie, on peut considérer qu’il s’agit de la classe entière des chiens ; à ce moment, on dira que la référence est générique. @ Là d’autres langues recourent au possessif, le français utilise l’article défini. Le GN représente une partie anaphoriquement rapportée à un tout :

Ex. Il a les yeux bleus / Cette voiture a reçu un choc sur l’aile

 

Le déterminant démonstratif :

 

Ce, cet, cette, ces + formes composées : cette œuvre-ci, cette œuvre-là : la forme en –ci renvoie au plus proche (E ou T) alors que la forme en – renvoie au plus éloigné.

 

Sémantiquement, ils ont deux types d’emplois :

Emplois déictiques : désignent un référent présent dans la situation de discours :

Ex. Je prends ce train.

 

Emplois non déictiques : il identifie anaphoriquement un référent déjà évoqué :

Ex. J’ai acheté une chemise hier, cette chemise m’a plu du premier coup.

 

Déterminant possessif :

 

Equivalent sémantique de : le N de moi, le N de toi

Il varie en genre, en nombre et en personne.

Il faut remarquer qu’en français, le genre du référent de la personne qui possède n’est pas pris en considération, contrairement à l’anglais : his book/her book / ou à l’allemand : sein Buch / ihr Buch

 

B-    Les déterminants indéfinis :

 

L’article indéfini :

 

Le pluriel neutralise l’opposition de genre, mais possède 4 formes : ex. des roses, des belles roses, d’assez belles roses, des astres

 

« En emploi spécifique, l’article indéfini extrait de la classe dénotée par le nom et son expansion un élément particulier qui est uniquement identifié par cette appartenance et qui n’a fait l’objet d’aucun repérage référentiel »

 

Ex. un enfant jouait dans la cour.

 

Les emplois génériques : de l’article indéfini singulier s’expliquent par le fait que l’élément quelconque auquel renvoie le GN introduit par un est alors considéré comme un exemplaire représentatif (« typique ») de toute sa classe : ex. Une voiture, ça s’achète neuve.

 

Les déterminants numéraux :

 

Un, deux, trois, vingt, cent, mille etc.

 

Ils spécifient la quantité dénotée par le GN.

L’usage écrit veut que lorsque vingt et cent sont précédés d’un nombre multiplicateur, ils ne prennent un s que s’ils constituent le dernier élément numéral du déterminant :

Quatre-vingts euro(s) / quatre-vingt-deux euro(s)

 

Les articles partitifs :

 

Devant les noms de masse (du lait, de l’eau) et les noms abstraits qui ne renvoient pas à des entités comptables (du courage, de la lâcheté) :

MASC. du + C, de l’ + V / FEM. de la + C, de l’ + V / PLURIEL des

 

Les déterminants complexes :

 

Ils s’emploient autant avec des termes numérables (au pluriel) qu’avec des massifs (au singulier) : beaucoup de, peu de, moins de, plus de

                       

            Les déterminants introduisant « la totalité distributive » :

« Chaque, n’importe quel(le), tout(e) (toujours au singulier) font référence à la totalité des êtres dénotés par le nom et son expansion, mais en passant en revue séparément les individus constituant cette totalité. » GMF, 1999 : 162

 

C-    Autres déterminants :

 

Tel « qui sert à désigner un référent déterminable mais non autrement déterminé », ibid.

 

Les déterminants négatifs : aucun(e), nul(le), pas un(e). Dans « les phrases de type négatif. Précédés ou suivis de ne, ils assurent la quantification nulle du GN qu’ils déterminent » GMF, 1999 : 163

 

Les déterminants interrogatifs, exclamatifs : même forme : quel(les)

« Quelle heure est-il ? / Quelle histoire il nous a racontée ! » ibid.

 

D-    Absence de déterminant :

 

En règle générale devant un nom propre

En emploi autonymique (ex. Le chat a quatre pattes / Ø Chat a quatre lettres)

 

Dans les énoncés abrégés (ex. Ø Cousine bien arrivée / Ø Appartement à louer)

 

Dans les apostrophes (interpellation du destinataire) (ex. Ø Garçon, un demi !)

 

Dans les étiquetages (ex. Ø Beurre fermier / Ø Entrecôte charolaise)

 

Lorsque l’attribut (du sujet ou de l’objet) désigne une profession, un rôle ou un statut social (ex. Jean est Ø médecin)

 

Dans « les coordinations totalisantes » [deux GN coordonnés par et ou ni qui forment un tout ; ex. Ø parents et Ø enfants, remuer Ø ciel et Ø terre] « les coordinations identifiantes » [les deux GN ont le même référent, il s’agit en général d’une reformulation : La sémantique lexicale ou Ø étude du sens des mots.]

 

Dans certaines locutions verbales lexicalisées ou quasi lexicalisées : faire long feu / rendre hommage.

 

Règle de cacophonie : une tasse de café = *une tasse de du café

 

« Un grand nombre de compléments déterminatifs du nom se construisent avec une préposition (en, à, pour, sur, sans, avec, etc., y compris de […]) suivie d’un nom sans déterminant, en particulier ceux qui marquent la matière, la destination, le contenu, etc. Ces compléments n’identifient pas une occurrence particulière du référent, mais le considère dans sa plus grande généralité : un bijou en or ; une tasse à café […] ; une voiture de fonction […]. Certaines de ces expressions sont lexicalisées et forment de véritables noms composés, non susceptibles de variations. » GMF, 1999 : 166

           

            Classement des occurrences :

1)      Déterminants définis :

            Article défini : « la », « le », « les »

                                   Déterminant démonstratif : /

                                   Déterminant possessif : « mes », « mon », « votre »

2)      Déterminants indéfinis :

Article indéfini : « une »

Déterminants numéraux : /

Articles partitifs : /

3)      Autres déterminants : « telle »

4)      Absence de déterminant : « vous n’aurez [pas de] Ø servante » [règle de cacophonie ; *Vous n’aurez [pas de] une servante] ; « de Ø Ronsard » [pas de déterminant devant un nom propre] ; « de Ø louange » [« un grand nombre d’expressions verbales lexicalisées ou quasi lexicalisées contiennent un complément d’objet sans déterminant » GMF, 1999 : 165 : ici, il s’agit de bénir de + N]; « Ø fantôme sans os » [l’attribut désigne un rôle ou un statut]

5)      Amalgames : « au », « du »

 

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